LES MURS de Griselda GAMBARO

Note d'intention de Fatah BOUDIA, Metteur en scène

FATAH BOUDIA

  C'est d'abord la rencontre avec des mots, percutants, drôles et tranchants comme des lames de rasoir, des personnages burlesques, absurdes et sympathiques de prime abord ... et il y a le jeune homme, personnage central de l'histoire. Petit à petit, ce monde absurde vous prend et vous emmène avec lui ou devrais-je dire avec eux.

 

Il existe des centaines de pièces de théâtre qu'un comédien aimerait jouer ou qu'un metteur en scène souhaiterait modeler et façonner à son goût ... et il y a "Les Murs".

 

Sous le prétexte d'une invitation faite au jeune homme, un véritable jeu de massacre va se dérouler sous nos yeux. Celui-ci se retrouve dans un lieu qui ne lui ressemble pas.

Il est confronté à l'huissier et le fonctionnaire qui sous des aspects cordiaux, empathiques et compatissants vont nous démontrer la puissante mécanique de la dépossession physique et psychologique. Le résultat est l'aliénation de l'homme par l'homme.

 

Le ton et le style choisis par Griselda GAMBARO, parfois absurde, tantôt burlesque, met en évidence la perversité et la folie des deux geôliers du jeune homme. L'auteure nous donne des pistes à explorer, des indices sur les personnages. Sur ce lieu, cette situation ... elle nous interroge.

 

Qui sont-ils ? La conscience collective prend-elle le pas sur la conscience individuelle ? Qui aurions nous été , le jeune homme ou les bourreaux ? L'aliénation et la docilité comme modèle de société ? Qui sont ces bourreaux ? Qui est ce jeune homme ? Que fait-il là ? Que sont ces cris qu'il entend dans les pièces voisines ?

 

Ma principale exigence sur ce travail était d'emmener les trois comédiens au cœur de cette perversité et de cette folie, enrobés de paternalisme et de convivialité. Offrir au public une mécanique, belle, drôle et sournoise et ainsi faire résonner les mots passivité, lâcheté, cynisme, brutalité, privation et enfermement.

 

Alors bourreau ou victime ? Lâche ou résistant ?

Nous poserons les questions ... au spectateur d'en trouver les réponses en son âme et conscience.

Dates à retenir:

9-11 Octobre: Knock au Théâtre Acte 2 (Lyon 9)